Entrevue avec Maîtresse Shane
Voulez-Vous Vous présenter?
En tant que Maîtresse professionnelle J’ai acquis une expérience de 15 ans. J’ai débuté à New York, Ma ville natale, Il y a environ 10 ans aujourd’hui, Je suis arrivée en Europe et Je Me suis installée en Belgique. Et c’est à Anvers que J’ai ouvert Mon premier proper donjon. Début 2006 J’ai ouvert un tout nouveau donjon à Aartselaar, une commune située près d’Anvers entre les autoroutes E19 et A12 menant vers Bruxelles.
Le BDSM fait partie de Ma vie. Etant jeune, J’avais des amis avec un certain fetish. Avant que Je m’en rende compte Moi-même, ils Me déclaraient que J’avais une personnalité dominante. Certaines expériences ont suscité Mon intérêt pour le SM. Pour mieux comprendre, Je vous donnerai deux exemples : A l’âge de 18 ans, Je travaillais dans un magasin de chaussures pour dames. Un jour, un chauffeur de bus est entré et M’a demandé une paire de chaussures à talons hauts de grande taille. Quand il les a essayé, J’ai remarqué qu’il portait un collant. Il se sentait néanmoins très décontracté etagréablement surpris en constatant Ma bonne réaction à cette situation inhabituelle. L’année suivante, un ami ayant étudié l’improvisation théâtrale, M’a demandé de le piétiner. Chaque étudiant de sa classe devait simuler d’être une pièce du mobilier et il avait reçu le rôle de « plancher » et de là sa demande originale. Et J’ai satisfait à sa demande. Plus tard il m’a raconté que J’étais une des deux personnes qui l’avaient donné la sensation d’être vraiment un plancher. Cela fûrent Mes premières expériences dans le monde du BDSM. Quand J’ai débuté comme Maîtresse professionnelle, Je me suis vite rendu compte que c’était exactement cela que Je voulais réaliser dans Ma vie.
Une Maîtresse américaine en Belgique…Quel était pour Vous la plus grande difficulté d’adaptation en ce qui concerne le BDSM ?
Je ne me sens plus du tout américaine. Au début Je constatais qu’il n’y avait aucune différence nette et claire en Belgique en ce qui concerne le BDSM et le sexe. Certaines Maîtresses avaient des rapports sexuels avec leurs clients et les clients supposaient bien sûr que c’était tout à fait normal. Actuellement la plupart des clients savent qu’il y a une grande différence entre le BDSM et le sexe. En fait le BDSM n’a rien à voir avec une vive émotion pûrement sexuelle bon marché ; il s’agit plutôt d’une « réflexion spirituelle ». Je n’ai vraiment pas de problêmes avec la prostitution en soi, mais, en ce qui Me concerne, il n’y a aucun sexuel dans Mes séances. Toutefois, certaines Maîtresses le permettent et Je ne leur en veut pas pour autant. Ma vision personnelle du BDSM exclut chaque contact sexuel pendant les séances.
Vous pouvez à la fois être douce et dûre, mais j’ai l’impression que Vous préférez le BDSM dur et que Vous avez la tentation d’inciter Votre esclave à dépasser ses limites?
Beaucoup d’esclaves Me permettent et/ou Me demandent d’être dûre avec eux et de les encourager à dépasser leurs limites. En ce qui Me concerne, Je le considère comme un honneur accordé de vouloir satisfaire à cette demande. Cela dépend également de ce que l’esclave recherche et bien sûr un accord réciproque est indispensable. Je ne veux nullement faire souffrir ou torturer un esclave qui n’en est pas prêt ou capable. Actuellement J’essaie d’infliger des punitions plutôt physiques, p.ex. en gifflant ou en donnant des coups de pied. Cet aspect du BDSM est assez nouveau pour Moi.
Vous avez ouvert un nouveau donjon. Avez-Vous été inspirée par une certaine philosophie pour sa décoration ?
Aartselaar est une commune dans les environs d’Anvers. Mon donjon s’y situe à un endroit très discret. Il possède 2 niveaux décorés et équipés très différemment.
Au rez-de-chaussée se trouve Mon trône et comme équipement vous y trouvez une croix, un banc de flagellation, un banc de bondage spécial avec jambes écartées, et 2 cachots. L’illumination, le grand miroir et la décoration murale suscitent une atmosphère toute particulière et bien adaptée à l’SM.
Le premier étage possède une décoration plus moderne et est équipée d’un trône, d’un banc de flagellation, d’un banc de bondage avec cage incorporée au-dessous, d’un palan, d’un sling et de 2 grands miroirs. On y trouve également un endroit idéalement équipé aux « douches dorées » du champagne de la Maîtresse.
Il y a également possibilité de jouer à l’extérieur.
La philosophie suivie ? Il me fallait un donjon d’une propreté et d’une hygiène impeccable avec une atmosphère appropriée aux jeux SM où les esclaves se sentent à l’aise et où ils trouvent l’environnement idéal pour réaliser leur fantasme. Mon but n’était pas du tout d’avoir le plus grand ou le plus luxueux donjon : aucune personne ne peut posséder et réaliser tout à la fois !
Allez-Vous poursuivre Votre collaboration avec d’autres Maîtresses ?
Oui, bien sûr. Comme auparavant Je travaillerai avec Mistress Chelsea d’Amsterdam, Maîtresse Jay de Gand, Maîtresse Morticia de Malines et Maîtresse Charlotte de Hannovre. L’avantage de cette collaboration : on peut toujours apprendre l’une de l’autre. En fait, Elles ont les mêmes expériences que Moi, des positives, des négatives, des amusantes et des drôles. Quand on travaille constamment et uniquement pour Soi-même, on oublie en quelque sorte qui l’on est exactement.
Je ne considère pas les autres Maîtresses avec lesquelles Je collabore comme des concurrentes. La compétition entre Maîtresses jaillit souvent suite au comportement d’un client : il visite d’abord une certaine Maîtresse, ensuite une autre à laquelle il confie des particularités de la première Maîtresse ce qui provoque facilement une certaine jalousie et envie.
Vous avez certainement de nombreux clients loyaux qui viennent Vous voir depuis plusieurs années. Comment parvenez-Vous à chaque reprise de jouer avec eux une session excitante pour Vous-même et l’esclave ?
J’ai failli retourner définitivement à New York après avoir vendu mon studio précédent à Anvers. Le fait d’avoir autant d’esclaves loyaux fût une des plus importantes raisons pour revenir à cette décision. Cela dépend en grande partie des fantasmes des esclaves pour assurer une session excitante. Quand ils Me parlent de nouveaux éléments ou désirs dans leur fantasme personnel, Je les incorpore dans la session. De temps en temps la possibilité de participation au jeu d’une soumise se présente. Il y a également des esclaves qui souhaitent avoir à chaque visite une session identique parce qu’elle est axée sur leur fantasme, et Je les comprends. Souvent il s’agit d’une expérience spécifique dans leur jeunesse. En général ce genre de sessions ne prennent pas beaucoup de temps. Personnellement Je préfère des sessions de plus longue durée où il ne faut pas tellement se précipiter.
Certains esclaves loyaux viennent une fois par par an, d’autres viennent tous les dix jours. La personne est plus importante pour Moi qu’une session typique. Il est impossible de fidéliser chaque esclave : il est impossible de les satisfaire tous ! Il y a certains genres de sessions que Je ne pratique pas : jeu de bébé, caviar, lésions permanentes et jeu médical extrême. Les jeux de bébé sont très souvent liés à certaines expériences pendant la jeunesse : il m’est difficile de pratiquer ce genre de jeu.
Quelle fût la plus étrange question ou session de Votre carrière ?
Il est très difficile de répondre correctement à cette question. Je peux néanmoins vous donner un bel exemple : un sheikh arabe voulait que Je mette ses vêtements et lui les miens…
Aimeriez-Vous ajouter quelque chose à cette entrevue pour finir ?
Réaliser une bonne session SM n’esp pas facile et pas tellement de Dominatrices y sont capables. Les Maîtresses devraient être plus respectées. Elles aident beaucoup de gens en leur donnant de l’énergie. Personnellement J’ai appris à devenir plus égoïste. En tant que Maîtresse on donne beaucoup de Soi-même, parfois même de trop. J’ai trouvé l’équilibre entre donner et acquérir. Certains esclaves désirent que la Maîtresse s’occupe d’eux sans cesse et en fait ils deviennent le Maître ! Je n’aime pas du tout ces esclaves qui commettent constamment des erreurs et des fautes, juste pour être punis!